13 millions de français en difficulté avec le numérique

Le numérique ne bénéficie pas encore à l’ensemble de la population

Le numérique est aujourd’hui de plus en plus présent dans la vie de Français et ne cesse de se diffuser : les taux d’équipement augmentent, les usages se développent et le niveau de compétence général progresse. Toutefois, 13 millions de nos concitoyens demeurent éloignés du numérique : ils n’utilisent pas ou peu Internet, et se sentent en difficulté avec ses usages. En 2017, 13% de la population âgée de plus 18 ans ne se connectent jamais à Internet, soit 6,7 millions de nos concitoyens. 14% d’entre eux ont déjà utilisé Internet avant d’y renoncer, en majorité par absence d’intérêt et manque de compétences. S’y ajoutent plus de 7 millions d’internautes distants, qui disposent d’un faible niveau de compétences numériques et se sentent mal à l’aise dans leur utilisation d’Internet. Près d’un tiers d’entre eux ne dispose pas d’adresse mail ni de compte sur un réseau social, et trois quarts ne font pas leurs démarches administratives en ligne.

De multiples facteurs d’inégalités

Des fractures importantes persistent entre les habitants de notre pays, en fonction des territoires, des niveaux de qualification et de revenus, de l’âge bien sûr, ou encore de situation personnelle.

Pour ces Français, la fracture est d’abord territoriale. 50% des non-internautes résident dans des communes de moins de 20 000 habitants. Seuls 60% des Français résidant dans des communes rurales et 65% dans des villes moyennes se disent compétents pour utiliser un ordinateur, contre 76% dans l’agglomération parisienne. 74% des résidents de l’agglomération parisienne ont effectué des démarches administratives sur Internet, contre 61% des habitants des villes moyennes ; 43% des français résidant en zones rurales sont inquiets à l’idée de devoir effectuer de plus en plus leurs démarches en ligne. Les niveaux d’étude et de revenus sont, sans surprise, des facteurs déterminants d’inégalités. La moitié des non-internautes et le quart des internautes distants disposent d’un niveau d’étude élémentaire ou collège, contre 15% de la population en moyenne. En moyenne, un tiers des Français s’estime peu ou pas compétent pour utiliser un ordinateur : ils sont 40% parmi les personnes ayant des bas revenus, 74% parmi ceux qui n’ont aucun diplôme.

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des personnes résidant dans les villes moyennes disent ne pas du tout profiter des opportunités offertes par le numérique.

Les niveaux d’étude et de revenus sont, sans surprise, des facteurs déterminants d’inégalités. La moitié des non-internautes et le quart des internautes distants disposent d’un niveau d’étude élémentaire ou collège, contre 15% de la population en moyenne. En moyenne, un tiers des Français s’estime peu ou pas compétent pour utiliser un ordinateur : ils sont 40% parmi les personnes ayant des bas revenus, 74% parmi ceux qui n’ont aucun diplôme. Dans un contexte de numérisation croissante des services publics, l’égalité d’accès aux démarches administratives reste un enjeu majeur, avec 90% des diplômés du supérieur ou des 25-39 ans qui ont recours à l’administration en ligne, mais seulement 59% des bas revenus et 30% des non-diplômés. 15% des adultes se sentent incapables d’entreprendre des démarches administratives en ligne, et 62% des non-internautes pensent qu’Internet leur faciliterait, avant toute chose, l’accès à ces démarches.

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des Français non-diplômés ne s’estiment pas compétents pour utiliser un ordinateur.

Enfin, les questions d’âge et de situation familiale sont déterminantes. Les plus âgés sont les plus représentés : 33% des distants et 66% des non-internautes ont plus de 65 ans. Les personnes au foyer ou vivant seules se sentent moins compétentes pour utiliser un ordinateur (50% et 51%, contre 67% en moyenne). Enfin, 85% des internautes distants s’appuient sur leur entourage lorsqu’ils rencontrent une difficulté et 19% des Français se sentent capables d’effectuer leur première démarche en ligne seulement à condition d’être accompagnés. Si les problématiques sont différentes, les plus jeunes peuvent également être concernés : 17% des 12-17 ans se sentent peu ou pas compétents pour utiliser un ordinateur, et seul un quart d’entre eux s’inquiète de la protection de leurs données personnelles. 23% des 18-24 ans se déclarent assez inquiets à l’idée de devoir accomplir la plupart de leurs démarches administratives sur Internet.

L’accompagnement, un besoin essentiel

La numérisation de la société et l’adoption des outils numériques par une très grande majorité de nos citoyens impliquent un apprentissage et une mise à jour régulière des connaissances.

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des Français pensent qu’un accompagnement dans un lieu dédié est le plus adapté pour mieux maîtriser le numérique.

Aujourd’hui, 54% des Français adultes ont acquis des compétences numériques seuls, et si 41% des personnes ayant de bas revenus n’ont jamais appris à se servir des outils numériques, 48% souhaitent être formées. Ceux qui se présentent comme les moins habiles pour utiliser un ordinateur sont aussi les plus réfractaires à un tel apprentissage, ne se disent pas prêts à adopter de nouvelles technologies et nécessiteront donc d’être accompagnés : les non diplômés (57%) et les plus âgés (59% des 70 ans et plus). 33% des Français pensent qu’un accompagnement personnel ou collectif dans un lieu dédié, autre que le lieu de travail, est le plus adapté pour mieux maîtriser le numérique.

Pour un quart d’entre eux, le cercle amical ou familial serait à privilégier, et enfin, 23% sont favorables à une formation en milieu professionnel. La nécessité d’accompagner ceux qui sont en difficulté avec le numérique est aujourd’hui primordiale pour garantir l’accès aux droits, l’appropriation des potentialités numériques par tous et le plein exercice de la citoyenneté, tout en préparant la société aux évolutions technologiques de demain.

En savoir plus

La Mission Société Numérique pilote plusieurs enquêtes pour mesurer les évolutions de la société numérique française. Le Baromètre du Numérique, réalisé par le CREDOC est mené en partenariat avec l’Arcep et le CGE. L’enquête Capacity est co-financée avec l’Agence Nationale de la Recherche.

Retrouvez leurs rapports et données ouvertes sur le site du Laboratoire.